Le groupe des EE-Les Verts, qui ont pourtant signé leur PV d'installation lors de la désignation comme adjoints de Alain Fournier, Manuel Allamellou et Alvine Moutongo Black , prétendent maintenant imposer la destitution de cette dernière, au prétexte qu'elle appartient au Modem.
Gilles Catoire a répondu lors du Conseil municipal du 22 novembre.
Mes cher(e)s collègues,
Bien que revendiquant la succession historique du roi Dagobert, vous m’attribuez des pouvoirs monarchiques qui ne sont pas les miens. Je suis, en tant que conseiller général élu du suffrage universel direct, partisan du non cumul des mandats. Cela fait longtemps que je pense que nous nous dirigeons vers cela. Aujourd’hui, l’élection des Maires ne se fait pas au suffrage universel direct, puisqu’ils sont élus par le Conseil Municipal, tout comme le sont les adjoints au Maire. Mon seul pouvoir est d’attribuer des délégations, aux maires adjoints et aux conseillers municipaux délégués, à condition que tous les adjoints au maire aient une délégation.
Pour changer la composition de l’exécutif, cela ne relève pas d’une simple décision du Maire, mais d’un vote qui demande nécessairement une majorité d’élus du Conseil municipal. Cela veut dire que les formations politiques et leur groupe en discutent entre elles pour approuver l’opportunité politique d’éventuels changements. Cela est valable au niveau local, comme au national.
Le Parti Socialiste et les Verts-Europe Ecologie ont signé un accord national qui concerne des éléments programmatiques et la réservation de circonscriptions, mais personne n’a présenté cette discussion comme une négociation aboutissant à un accord entre François Hollande et Eva Joly. A la suite de cet accord national, ratifié par le bureau exécutif du Parti Socialiste et le Conseil fédéral d’Europe Ecologie les Verts, les responsables de ma formation politique, le Parti Socialiste, m’ont informé que la section locale d’EELV avait demandé une rencontre au PS. J’ignore le contenu de cette réunion qui, m’a-t-on dit, doit avoir lieu prochainement, mais je suppose que comme les Verts se montrent très habiles dans une négociation d’appareil, je serais étonné que les Verts de Clichy séparent les enjeux locaux et nationaux, comme ils l’avaient fait lors des élections régionales, puis cantonales.
En ce qui concerne le Front de Gauche, qui commence à inquiéter, comme l’a exprimé Pierre Laurent, et qui a Clichy n’a pas encore réalisé sa fusion avec le Parti Communiste Français, il est entré dans une logique d’attaques frontales de François Hollande et du Parti Socialiste. La stratégie qu’il mène ici d’utiliser le moindre espace où il est possible de s’exprimer en tribunal contre la gestion municipale et à voir brandir des porte-voix devant la mairie, me laisse très serein. Il n’y a pas d’accord national de 1er tour, ni d’éléments programmatiques, mais nous partageons un certains nombres de valeurs comme la laïcité, et je sais que les électeurs du Front de Gauche à Clichy seraient surpris qu’il contienne notamment des pratiques contraires à ces principes. Mais là encore, c’est au Parti socialiste et aux autres composantes de la gauche, d’en débattre avec le Front de Gauche, car je ne suis là, ni pour présenter des réquisitions, ni un mémoire ne défense.
Les socialistes ont mené un débat pour choisir leur candidat à l’élection présidentielle. Nous abordons désormais le 1er tour des présidentielles de manière très vive. Mais cela n’a pas empêché François Mitterrand d’être élu en 1981, puis réélu en 1988, mais cela a conduit la gauche au hors circuit en 2002, parce qu’elle était allée trop loin. Il convient de le rappeler aujourd’hui au moment où dans une ville comme Clichy, le danger des bulletins bleus Marine, doivent être pris avec le plus grand sérieux. Je suis convaincu que l’ensemble de la gauche sera rassemblée au 2nd tour. Mais il faudra aller plus loin, et s’ouvrir aux démocrates, même si le MoDem n’a pas fait son choix, nous devons lui tendre la main comme il l’a fait avec nous à Clichy, en appelant à voter à gauche au 2nd tour des élections cantonales. Je vous donne rendez-vous au soir du 2nd tour des présidentielles, qui auront forcément des conséquences sur nos alliances au plan local.
Chaque modification de la composition de l’exécutif a fait l’objet d’un vote du Conseil municipal. Cela a été le cas lors de la mise à l’écart des adjoints communistes, pour laquelle les Verts et le Mouvement Radical de l’époque ont joué un rôle déterminant, le Front de Gauche n’ayant pas encore d’existence devant les urnes à Clichy. Pour ma part, pendant plus d’un an, j’ai laissé la porte ouverte au Parti Communiste Français. L’élection des 3 adjoints : un socialiste, un vert, un MoDem, a bien fait l’objet de décisions du Conseil municipal, qui ont été transmises en Préfecture, après avoir reçu la signature de tous les élus concernés. Cette décision politique a fait l’objet d’un vote unanime de la section socialiste de Clichy, et comme les socialistes ne sont pas seuls majoritaires dans ce conseil, ils ont reçu le soutien d’autres composantes de cette assemblée.
Vous me demandez de revenir à la composante initiale du Conseil municipal, avant ces modifications. Je ne demande qu’à faire entrer toutes ces composantes dans l’exécutif, mais le nombre d’écharpes est limité, et s’il suffisait d’aller en acheter dans une boutique spécialisé, je serais prêt à en donner à tous ceux qui le méritent. Il faudrait donc, pour aboutir à ce que vous demandez, destituer 3 adjoints, ce qui relève du pouvoir du Conseil municipal, et pas du Maire.
Vous m’avez aussi interpellé pour récuser l’un des candidats présenté par le PRG. Cette question doit être adressée à ce parti, pas au Maire. Le PRG est assez grand pour répondre aux questions posées et je n’ai pas vocation à m’y substituer.
Vous mentionnez dans votre question d’actualité que vous n’exercez plus vos délégations. Pourquoi ne pas envoyer vos démissions de vos mandats d’adjoint au Maire au Préfet des Hauts-de-Seine, ce qui permettrait de vous remplacer et d’assumer vous-même la responsabilité politique de ce choix qui vous incombe. Je comprends aussi l’exaspération de nos collègues adjoints et conseillers municipaux délégués, qui voient leur charge de travail augmenter, pour répondre aux attentes des Clichois et faire avancer tous les dossiers sur lesquels se joue l’avenir de Clichy, mais aussi les attentes de la société civile et notamment du mouvement sportif qui m’a demandé que le poste d’adjoint au sport soit pourvu rapidement pour préparer l’année 2012, année de l’Euro de foot et des JO de Londres, et pour suivre les dossiers d’investissement dans ce secteur.
Je laisse donc le soin aux instances politiques de discuter entre elles et je ne doute pas qu’elles écouteront les Clichois qui souhaitent que la ville continue d’avancer. Il y a 15 jours, personne n’aurait parié sur un accord national entre socialistes et Verts, comme le faisait remarquer la presse, à Clichy, on n’est jamais à l’abri de surprises. La balle est dans le camp des organisations politiques. Mon rôle sera, en respect de la démocratie, d’assurer la mise en œuvre des perspectives ou d’en prendre acte, et s’il n’y en a pas et de prendre les mesures pour que l’on puisse continuer à travailler. Les Clichois nous écoutent. Nous avons un Conseil municipal avec de nombreux dossiers qui les concernent au quotidien. Chacun peut s’exprimer librement. C’est le rôle de cette assemblée. Malgré les pouvoirs de Monarque que vous m’attribuez, alors que d’autres voix pourraient me reprocher de ne pas avoir une autorité impériale, je constate que la lettre d’un tiers des élus du Conseil municipal me demandant de convoquer un Conseil municipal extraordinaire, est datée du 9 novembre, date anniversaire du 18 brumaire…
La seule stratégie gagnante pour Clichy est de faire travailler ensemble tous ceux et toutes celles qui voudraient que notre ville continue à être un modèle de référence multicolore de la citoyenneté, de la solidarité, du développement durable, et je serais fier de recevoir demain en votre nom à tous, le Grand Prix de l’aménagement décerné par le Moniteur pour le Parc des Impressionnistes que nous avons réalisé pour nous, mais aussi pour les générations futures.